Table ronde : valorisation des déchets au Maroc

Valorisation des déchets au Maroc : Quels choix durables et à forts impacts pour nos villes ?

La Coalition pour la valorisation des déchets (COVAD), en partenariat avec l’Association des Enseignants des Sciences de la Vie et de la Terre du Maroc (AESVT Maroc) et l’Alliance Marocaine pour le Climat et le Développement Durable (AMCDD), a organisé mercredi 27 Février à la Confédération générale des entreprises marocaines (CGEM) une table ronde sur le thème : « Valorisation des déchets au Maroc : quels choix durables et à forts impacts pour nos villes ? ». L’objectif était de présenter l’état des lieux de la gestion des déchets dans les villes marocaines ainsi que les avancées innovantes en matière de gestion et de valorisation des déchets adaptées à notre contexte.

 

Allocutions d’ouverture

Mustapha Bakkoury, Président de la région Casablanca-Settat, a ouvert l’évènement en démontrant que la difficulté première à gérer la question des déchets au Maroc était d’ordre institutionnel. Toutes les communes n’étant pas en mesure d’exercer cette mission, il apparait nécessaire d’instaurer de la coopération intercommunale. Mustapha Bakkoury a également insisté sur l’importance pour les élus d’informer les citoyens des avancées de leurs actions afin de limiter la défiance à l’égard de l’Etat. Ensuite, Mohamed Chaibi, Président de la COVAD, a fait une brève intervention au cours de laquelle il a exprimé son ambition de transformer les déchets en ressources et a souligné l’importance d’un concours de tous les acteurs pour atteindre cet objectif.

 

Introduction- Industrie de valorisation et stratégies de gestion des déchets : Etat des lieux et spécificités marocaines

Pour introduire le débat, Hassan Chouaouta, expert international dans la gestion des déchets, a présenté un état des lieux sur l’industrie de valorisation et les stratégies de gestion des déchets au Maroc. Malgré l’adoption de la loi 28.00 et l’objectif annoncé d’une valorisation à 20% d’ici 2020 dans le cadre du Programme national des déchets ménagers (PNDM), la valorisation des déchets au Maroc se limite aujourd’hui à 7%. 

 

Panel- Benchmark national et international des modèles de gestion et de valorisation des déchets : réussites et échecs

Dans un second temps, un panel composé d’acteurs associatifs est intervenu sur les différents modèles de gestion et de valorisation des déchets au niveau national et international. Abderrahim Ksiri, Président de l’AESVT Maroc, a présenté le projet « Co-production de la propreté » afin de démontrer que de réels efforts sont menés de la part de la population en matière de gestion des déchets. En effet, on peut constater que certains quartiers populaires de villes marocaines pratiquent désormais le tri sélectif. Les services publics doivent par conséquent comprendre que les Marocains font partie de la solution et non du problème. C’est pourquoi, il est indispensable de mettre en place une collaboration entre les élus et les citoyens.

Mamoun Ghallab, Président de l’association Zero Zbel, a critiqué sévèrement l’option de l’incinération, qui est envisagée pour la décharge de Mediouna de la région Casablanca-Setta. Selon lui, cette solution présente de graves conséquences en matière de santé et d’environnement. Si le Maroc souhaite devenir le leader en Afrique du développement durable, il doit envisager d’autres options. Mamoun Ghallab a également insisté sur l’importance du volet social de la gestion de déchets, en illustrant son propos par l’exemple de chiffonniers en Colombie et au Chili qui sont devenus les partenaires officiels des entreprises de recyclage.

 

Cette table ronde s’est clôturée sur l’idée qu’il faut faire confiance aux Marocains et arrêter de concevoir la solution qu’au travers de la technologie importée de l’étranger. Il est également primordial qu’une collaboration entre les pouvoirs publics et la société civile se constitue afin de trouver des solutions durables à la gestion des déchets.