Table ronde : accès à l’eau potable

L’accès à l’eau potable et à l’assainissement au Maroc : quels enjeux pour la santé publique ?

L’eau est une ressource vitale pour la santé et la survie de tous les êtres vivants. En 2010, le droit à l’eau potable et à l’assainissement est reconnu en tant que droit de l’Homme par les Nations Unies. De plus, l’une des cibles de l’objectif de développement durable (ODD) 6 consiste à assurer, d’ici à 2030, l’accès de tous à l’eau et une gestion durable des ressources en eau. Dans ce cadre, les Nations unis ont choisi d’organiser la Journée mondiale de l’eau du 22 mars 2019 sous le thème « Ne laisser personne de côté ». Pour célébrer cette journée, l’Association des Enseignants des Sciences de la Vie et de la Terre du Maroc (AESVT Maroc), la Fondation Lydec et l’Académie Régionale de l’Education et de la Formation (AREF) de Casablanca Settat ont organisé une table ronde sous le thème : « L’accès à l’eau potable et à l’assainissement au Maroc : quels enjeux pour la santé publique ? », qui s’est tenue au Centre Casablanca de l’Education à l’Environnement (CCEE).

 

Adelmoumen Talib, Directeur de l’AREF Casablanca-Settat

Allocutions d’ouverture

Cet événement s’est ouvert par une allocution de M. Adelmoumen Talib, Directeur de l’AREF Casablanca-Settat et de M. Abderrahim Ksiri, Président de l’AESVT Maroc. Ensuite, la première partie de la table ronde a été consacrée à un état des lieux sur l’accès à l’eau potable et la santé publique au Maroc et aux perspectives futures.

 

 

Accès à l’eau potable et santé publique : état des lieux et perspectives

Comme l’a expliqué M. Khalid Brairi, représentant du Ministère de la santé, l’insalubrité de l’eau, les déficiences du système d’assainissement et les problèmes d’hygiène constituent des menaces environnementales majeures pour la santé publique dans le monde entier. Au Maroc, le nombre de décès dus à l’eau insalubre, l’assainissement insuffisant et l’hygiène défectueuse est estimé à 1 300 chaque année. Au cours des 25 dernières années l’insalubrité de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène a reculé du 9e au 14e rang comme facteur de risque de mortalité au Maroc, réduisant de près de 86% le nombre de décès attribués aux problèmes liés à l’eau. Mais l’émergence d’autres paramètres de contamination des eaux d’alimentation humaine, notamment certains paramètres chimiques tels que les nitrates et les sulfates, constituent aujourd’hui les nouveaux défis à évaluer et à maitriser.  Dans ce cadre, M. Khalid Brairi a présenté un programme lancé par le Ministère de la santé dont l’objectif est de contribuer à la réduction et la lutte contre les maladies à transport hydrique.

Driss Hasnaoui, représentant du secrétariat d’Etat chargé de l’eau, a rappelé que l’accès à l’eau potable est une préoccupation marocaine ancienne. En effet, dès 1967, une politique de barrage est lancée par le roi Hassan II afin de sécuriser l’eau potable. Ces efforts sont aujourd’hui poursuivis par le roi Mohamed VI et les ministères enclins à travailler sur cette problématique. Dans le cadre des objectifs de développement durable (ODD), le secrétariat d’Etat chargé de l’eau se donne comme objectif d’assurer un accès à l’eau potable pour tous d’ici 2030, à travers notamment la mise en place de nouveaux barrages et d’un plan de récupération de l’eau pluviale.

Au niveau régional, Mme Saloua Senoussi, directrice régionale de l’environnement de la région Casablanca-Settat, a présenté deux programmes, initiés par le secrétariat général, sur les enjeux de l’eau. D’une part, la région Casablanca-Settat a élaboré un programme de mise à niveau environnemental en milieu rural, permettant le raccordement à l’eau potable dans 170 établissements scolaires et 93 mosquées. D’autre part, elle a lancé un programme de dépollution industrielle ayant permis de dépolluer 51 unités industrielles à travers la mise en place de stations d’épuration pour éviter l’évacuation d’eaux usées en milieu naturel.

Panel des intervenants : M. Khalid Brairi, représentant du Ministère de la santé ; M. Driss Hasnaoui, représentant du Secrétariat d’Etat chargé de l’eau ; Mme Saloua Senoussi, Directrice Régionale de l’Environnement de la région Casablanca-Settat

 

 

 

Remise des prix aux lauréats du concours AQUA VIDÉO #3

Gagnants du Concours Aqua Vidéo #3 et représentants de l’AESVT Maroc

Dans un second temps, les lauréats du concours AQUA VIDÉO #3, dédié à l’encouragement des contributions citoyennes pour la préservation de l’eau, ont reçu leur prix. Plus de 150 vidéos nous sont parvenues et 54 d’entre elles ont été présélectionnées pour permettre aux internautes de voter. Selon une évaluation objective des vidéos, conformément aux modalités de participation fixées par l’AESVT Maroc, et sur la base des résultats de plus de 4 000 votes dont le pourcentage est fixé à 20% de la note définitive, le jury a retenu 3 gagnants :

 

    • Premier Prix : Amine KHATIB, Secteur Scolaire Dar Cheikh
    • Deuxième Prix : Anas BENTAYFOR, Collège La CIté
    • Troisième Prix : Mariam MOUZOUL. École Lahlou

 

 

 

Partage d’expériences

Enfin, la troisième partie de cette table ronde, a permis un partage d’expériences en matière d’efforts menés sur les enjeux liés à l’eau. Plusieurs représentants de l’association Aquassistance Maroc étaient présents pour expliquer qu’ils mettent leur expertise au service de la solidarité pour offrir un accès à l’eau potable dans des zones rurales reculées.

Mme Rachida Bailli, enseignante et représentante de la Commission Eau du projet « 100 défis pour ma ville », est revenue sur la visite organisée par l’AESVT Maroc des laboratoires de contrôle de la qualité d’eau potable de Lydec, de la station d’épuration des eaux usées (STEP) et d’un jardin expérimental dont l’objectif est d’avoir une agriculture urbaine irriguée par l’eau traitée par cette STEP. Rachid Bailli a remercié Lydec et l’AESVT Maroc de lui avoir donner des outils pour ensuite sensibiliser ses élèves et leur permettre de devenir des citoyens responsables vis-à-vis des ressources en eau.