Retour sur les Journées Universitaires 2019

Pour la 14ème édition des Journées Universitaires, l’AESVT Maroc a choisi la région de Demnate afin de contribuer à la transmission et à la sensibilisation aux connaissances géo-scientifiques et environnementales ainsi qu’au renforcement de l’attraction du géo-écotourisme sur son territoire. Cette année, l’événement s’est déroulé sous la thématique « Géoparc M’goun, au service du développement économique et social de la région ». C’est donc sur ce site naturel que la Section Demnate de l’AESVT, en partenariat avec l’Association du Géoparc M’Goun (AGM) a accueilli plusieurs acteurs éducatifs, une dizaine de scientifiques et d’acteurs associatifs, et de représentants régionaux du 10 au 13 avril.

 

Une expédition riche en découvertes

C’est autour d’un programme des plus attrayants que professeurs, scientifiques et acteurs du développement économique et social se sont réunis au sein du Géoparc M’goun. Ensemble, ils sont partis à la découverte de sites naturels, mais aussi sur les traces des dinosaures et autres vestiges de la préhistoire. Chaque sortie était encadrée et facilitée par des experts de l’Université Mohamed V de Rabat et de la faculté des sciences Semlalia de Marrakech. Du synclinal des Ait Attab au lac Bin el Ouidane, en passant par la grotte Ifri Ntwaya à Ait Mhamed où les participants ont déchiffré les inscriptions murales, pour terminer par les traces de sauropodes et de théropodes sur le géosite d’Iouaridene.

 

 

Vers une valorisation du patrimoine de Demnate

À l’issue des quatre jours de découverte du Géoparc M’goun, les 110 participants ont souligné l’urgence de la protection des empreintes de dinosaures, notamment celles se situant très proches des habitations (géosites d’Iouaridene et d’Ibaqualioun). D’autre part, le territoire étant particulièrement riche en zones humides, les participants ont plaidé pour que le lac de Bin el Ouidane intègre le classement de la convention Ramsar. Par ailleurs, dans l’optique de valoriser le patrimoine éducatif du Géoparc, les participants ont insisté sur la nécessité de finaliser les travaux du Musée d’Azilal, espace d’exposition du patrimoine géologique et culturel de la région, entrepris depuis 2009. De même, dans un souci d’éducation et de sensibilisation des plus jeunes, les participants ont soumis l’idée de produire un guide pédagogique. Cet outil aurait pour objectif la vulgarisation de l’information pour un public non-averti, mais également la facilitation de la transmission des savoirs géo-scientifiques et environnementaux du Géoparc.

Enfin, toujours dans cette optique de valorisation du patrimoine, la recherche et l’étude scientifique de certaines grottes sont devenues nécessaires pour le développement du Géoparc, au même titre que la facilitation de l’accès à plusieurs sites (Cathédrale Masrfane, Tamga ; gravures rupestres Tizi N’tisighist).  À titre d’exemple, la grotte Ifri N’Twaya à Aït M’hamed, profonde de 4 km et abritant des espèces rares et endémiques, doit encore être explorée.

 

Un bilan plutôt positif…

L’AESVT Maroc a clôturé cette 14ème édition au-dessus du pont naturel d’Iminifri. Après la salutation des efforts et les remerciements de l’AGM et des autres parties prenantes dans l’organisation de l’événement, les participants ont partagé leur volonté de voir naître une collaboration entre les différents acteurs. Aussi, un ensemble de recommandations ont été énoncées. Celles-ci viseront à imposer le Géoparc comme un facteur important pour le développement socio-économique de la région et un stimulateur de l’attraction du géo-écotourisme sur le territoire. L’assemblée note que même si le Géoparc est doté du label UNESCO, il reste encore un long chemin vers la valorisation d’un patrimoine, aussi rare que sublime.