Marche mondiale pour le climat : une mobilisation inédite au Maroc

Répondant à l’appel de l’AESVT Maroc et de Greenpeace, des milliers de Marocains ont participé à la Grève mondiale pour le climat, organisée durant la semaine du 20 au 27 septembre.

Fin septembre, l’actualité internationale a été dominée par la crise climatique. Pas moins de 5000 événements ont eu lieu à travers le monde dans le cadre de la grève mondiale pour le climat. A Sydney, Bangkok, Beyrouth, Paris, New York… comme dans des centaines d’autres villes, des millions de personnes sont descendus dans les rues pour réclamer plus d’actions contre le changement climatique. Parmi les manifestants, une majorité de jeunes, tous engagés et mobilisés pour rappeler leur droit à un avenir décent sur une planète vivable. Et un même objectif en tête : faire pression sur les Etats pour qu’ils accélèrent leurs efforts en matière de réduction de gaz à effet de serre.

Il faut dire que la période de mobilisation n’a pas été choisie au hasard. Le 23 septembre, se tenait à New York, le Sommet Action Climat de l’ONU qui réunissait plus d’une soixantaine de dirigeants, invités à revoir leurs ambitions à la hausse pour respecter les engagements de l’accord de Paris. Signé en 2015 par 195 pays, celui-ci visait à limiter l’élévation de la température planétaire « nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels », voire s’en tenir à 1,5°C. C’est donc avec la volonté de mettre les gouvernements devant leurs responsabilités que des citoyens ont participé aux quatre coins de la planète au mouvement de protestation FridaysForFuture, initié par la jeune militante suédoise Greta Thunberg.

Cinq villes marocaines se joignent au mouvement

Au Maroc, où l’amplification des phénomènes extrêmes liés au dérèglement climatique préoccupe de plus en plus l’opinion publique, cinq villes ont pris part à la grève planétaire. L’AESVT Maroc et Greenpeace ont organisé conjointement avec leurs partenaires locaux plusieurs marches pour le climat. A leur initiative, une vaste mobilisation a été lancée, et contre toute attente, près de 10 000 personnes, au total, ont répondu présent à leur appel. 

Écoliers, collégiens, lycéens, étudiants… les jeunes marocains se sont mobilisés aux côtés de nombreux parents et acteurs associatifs pour réveiller les consciences et dénoncer l’inaction climatique.

Et c’est dans la ville ocre que le mouvement a débuté. Le 20 septembre, environ 1200 personnes ont défilé sous une chaleur de plomb, au départ de la place 16 novembre, pancartes et banderoles en mains, avant de rejoindre Bab Doukkala. D’Essaouira à Chichaoua, de Rehemna jusqu’à Youssoufia, des participants de toute la région Marrakech-Safi sont venus donner de la voix dans une ambiance animée et familiale. Une marche festive donc mais surtout pacifique à l’image de celles qui ont suivies.

En effet, une semaine plus tard, des rassemblements ont été coordonnés simultanément, le 27 septembre, dans quatre autres villes : Casablanca, Rabat, Fès et Demnate.

Dans la capitale, la marche a démarré de la gare principale et s’est achevée près du siège du parlement, avenue Mohamed V. Entre 650 et 1000 personnes y ont pris part. Plus que par le nombre de participants, la mobilisation s’est surtout distinguée par sa dimension à la fois arabe et africaine, avec la participation du CAN Arab World (Réseau Action Climat) et du PACJA (Alliance Panafricaine pour la Justice Climatique).

A Casablanca, le rassemblement a débuté près du Paradise, situé à proximité du Megarama. Des participants en vélo ont pris la tête du cortège, suivis de centaines de jeunes, marchant le long de la corniche de Ain Diab, sous un soleil radieux et dans une atmosphère bon enfant. Ils étaient près de 1400, venus exprimer leur exaspération face aux menaces que fait peser le réchauffement à la planète. Sur les pancartes brandies : des messages divers et colorés.

Au même moment, à quelques 300 kilomètres de la métropole, une autre protestation se déroulait à Demnate. Dans la petite ville du Haut Atlas, malgré un début d’orage, la marche a rassemblé près de 3200 personnes. Et pour son lancement, on n’a pas fait dans la demi-mesure : un impressionnant lâcher de pigeons, 180 précisément appartenant à l’association Alhamam azajil. Une façon de symboliser l’impact négatif du réchauffement terrestre sur la biodiversité. Le défilé a suivi le parcours prévu : départ de la maison des jeunes et arrivée, place de la gare routière.

A Fès, enfin, la manifestation a réuni environ 3500 personnes. Parti de la place Jbari, le cortège est passé par l’avenue Lalla Meryem avant de traverser l’avenue Hassan II puis l’avenue des FAR et de converger finalement vers le Parc Amérique latine. Au point d’arrivée, comme dans les autres marches, plusieurs jeunes ont pris la parole, s’exprimant tour à tour, en arabe, amazighe, français et anglais. C’est la petite Meriem Amjoune, la célèbre lauréate du concours “Défi de la lecture arabe” (Arab Reading Challenge), native de Fès, qui a clôturé par son discours sous forme de cri d’alarme, la marche pour le climat.