Forum planetere5 Maroc 2013 : Déclaration Marrakech

L’Organisation internationale francophone Planèt’ERE, créée le 16 avril 2014 au Museum d’Histoire naturelle de Paris, a réuni plusieurs centaines d’acteurs et d’experts, œuvrant dans le domaine de l’éducation relative à l’environnement et au développement durable, pour son cinquième Forum International au Maroc du 2 au 9 juin  2013. Selon la tradition l’événement s’est déroulé selon deux phases, une phase régionale ayant lieu simultanément du 2 au 5 juin 2013 dans les villes de Tanger, Tétouan, Fès, Meknès, Demnate; Béni Mellal; Casablanca; Safi et Agadir;selon 9 thématiques différentes et une phase nationale du 6 au 9 juin dans la ville de Marrakech sous le thème «Partage et Synergie, leviers pour l’éducation à une écocitoyenneté planétaire».
Organisé par l’Association des enseignants des Sciences de la Vie et de la Terre (AESVT Maroc, ce forum a connu une grande diversité d’expériences, d’outils et de projets partagés par les participants présents : acteurs associatifs, scientifiques et chercheurs, venus d’une vingtaine de pays d’Europe, d’Amérique et d’Afrique. Tous ont pu grandement apprécier le climat d’échanges fraternels et de découverte des cultures locales, notamment à travers les visites des sites naturels d’intérêt écologique historiques ou culturels, et l’hébergement chez l’habitant pour mieux s’imprégner de la culture marocaine.

Les participants au forum ont pris des décisions majeures pour l’ONG internationale Planèt’ERE, par de nouvelles orientations stratégiques: l’élargissement de son Conseil d’Administration, la mise en place de nouvelles structures de coordination, ainsi que le transfert du Secrétariat Permanent de l’Organisation Internationale Planèt’ERE du Canada (Montréal au Québec) au Maroc (Casablanca) et l’élection de son nouveau Président en la personne de M. Abderrahim Ksiri, Président de l’AESVT et président du forum Planèt’ERE 5.
L’événement a clôturé ses travaux par la déclaration de Marrakech qui s’énonce comme suit :
Nous les participant(e)s au 5ème Forum Planèt’ERE :
Tout en soulignant avec grand optimisme les efforts déployés pour la promotion de l’Education Relative à l’Environnement et au Développement Durable, et le soutien politique et moral que reflètent les programmes politiques d’un certain nombre de pays ;
Nous  constatons que malgré ces efforts  des lacunes persistent encore, telles que :
ü  La dégradation alarmante de l’environnement  de notre planète, une raréfaction accentuée de nos ressources naturelles, lié aux impacts négatifs de nos modes de production et de consommation sur ces ressources naturelles surexploitées, fragilisées et limitées, ainsi qu’à une pression démographique de plus en plus forte ;
ü  Les difficultés  prévisibles des Etats à concrétiser les Objectifs du Millénaire pour le Développement (ODM), notamment  les objectifs  3, 4 et 7, en rapport avec l’éducation et la durabilité écologique ;
ü  Un déficit en termes de cohérence intersectorielle et une hésitation à intégrer la dimension de l’EEDD l’environnement dans la planification, la mise en œuvre des programmes et politiques de développement, d’éducation et de communication ;
ü  L’incapacité de « l’école » à répondre aux aspirations des générations actuelles, et de former des éco-citoyens conscients des défis de leur territoire, responsables et engagés dans des travaux communautaires, les privant de s’épanouir et de participer activement à la construction de leur pays par un travail décent et durable.

Partant de notre vision, de nos valeurs partagées, et considérant la nécessité et l’urgence :
ü  De réorienter de manière durable, le modèle de développement actuel pour répondre aux besoins économiques et sociaux qui sont considérables, sans compromettre l’environnement et le cadre de vie des citoyens d’aujourd’hui et de demain;
ü  De promouvoir les valeurs communes telles que la solidarité, la paix, l’égalité entre les pays et les générations, et le respect mutuel entre tous les peuples de la terre ;
ü  De développer chez les personnes et les collectivités une véritable écocitoyenneté compétente et engagée, de façon à mieux comprendre et prendre en charge leurs réalités socio-écologiques ;
ü  D’accompagner les personnes et les groupes sociaux à trouver une signification et un sens à leur rapport avec leurs propres cultures ;
ü  De mettre en place une bonne gouvernance des systèmes d’éducation et de communication, afin que l’éducation soit un droit reconnu de l’Homme et une condition sine qua non du développement durable ;
ü  De faire en sorte que l’Éducation à l’Environnement et au Développement Durable (EEDD) puisse conduire à une réflexion critique ainsi qu’à une prise de conscience plus grande et une autonomie accrue, permettant l’exploration de nouveaux horizons et concepts, et l’élaboration de nouveaux outils et méthodes d’enseignement ;

–          Une Stratégie pour le Développement Durable (SDD) devrait être mise en place afin de reconnaitre la place primordiale de l’EEDD, renforcée à travers une approche holistique dans les programmes d’enseignement, depuis l’école primaire jusqu’aux universités et grandes écoles, ainsi que dans d’autres espaces d’éducation non formelle et informelle, et dans les médias.
–          Doter Planèt’ERE d’une nouvelle dynamique et vision et Co-construire collectivement des Planèt’ERE nationaux qui seront des réseaux décentralisés, espaces familles ouverts aux francophones comme aux francophiles pour renforcer le partage, la diversité afin que l’organisation Planèt’ERE puisse assumer ses nouveaux engagements et relever de nouveaux défis ;
Ø  Tout en soulignant les efforts déployés pour la promotion de l’Education Relative à l’Environnement et au Développement Durable, et  le soutien politique et moral que reflètent les programmes politiques d’un certain nombre de pays ;

Ø  Nous constatons que malgré les efforts  des lacunes persistent encore, telles que :

ü  La dégradation alarmante de l’environnement  de notre planète, une raréfaction accentuée de nos ressources naturelles, lié aux impacts négatifs de nos modes de production et de consommation sur ces ressources naturelles surexploitées, fragilisées et limitées, ainsi qu’à une pression démographique de plus en plus forte ;
ü  Les difficultés  prévisibles des Etats à concrétiser les Objectifs du Millénaire pour le Développement (ODM), notamment  les objectifs  3, 4 et 7, en rapport avec l’éducation et la durabilité écologique ;
ü  Un déficit en termes de cohérence intersectorielle et une hésitation à intégrer la dimension de l’EEDD l’environnement dans la planification, la mise en œuvre des programmes et politiques de développement, d’éducation et de communication ;
ü  L’incapacité de « l’école » à répondre aux aspirations des générations actuelles, et de former des éco-citoyens conscients des défis de leur territoire, responsables et engagés dans des travaux communautaires, les privant de s’épanouir et de participer activement à la construction de leur pays par un travail décent et durable.
Ø  Estimant que l’EEDD constitue la voie incontournable par laquelle nous pouvons participer à l’adéquation des lois et des efforts techniques pour valoriser notre patrimoine naturel et socioculturel, le préserver et endiguer la poursuite de sa détérioration.
Ø  Convaincus que la question de l’EEDD est l’affaire de tous les citoyens, et que l’intégration de l’ERE dans la gestion et la préservation des ressources naturelles doit se faire en adoptant une approche systémique participative et de concertation
Nous recommandons ce qui suit :
À l’échelle nationale

·         De mettre en place une stratégie nationale intersectorielle en matière d’EEDD dans les pays qui n’en sont pas encore pourvus en faisant participer les acteurs associatifs durant tout le processus de sa mise en œuvre (élaboration, suivi, évaluation, etc.) ;
·         De créer une ligne budgétaire dans les fonds publics permettant l’accès direct à la société civile pour une meilleure intégration de l’EEDD dans les projets de développement ;
·         D’intégrer l’EEDD dans les curricula depuis le préscolaire jusqu’à l’université dans les pays où ce n’est pas le cas, et de promouvoir la production d’outils d’EEDD adaptés
·         De renforcer le lien entre l’ERE formelle, non formelle et informelle pour mettre à profit toute l’expertise en ERE développée actuellement par les différents acteurs et la mise en synergie.
·         D’inventorier les bonnes pratiques des actions d’éducation relative à l’environnement et de renforcer leur diffusion afin de développer les actions pratiques de l’ERE à tous les niveaux d’enseignement et de formation
·         De mettre en place un centre national d’EEDD et des centres régionaux pour une meilleure convergence des politiques sectorielles et une bonne déclinaison territoriale. Ces Centres ou commissions devront être cogérés de façon multidisciplinaires en impliquant les communes, le secteur privé et des représentants de la société civile actifs dans le domaine ;

A l’échelle internationale, nous appelons  les instances et les décideurs à :

·         Respecter et mettre en œuvre les différentes conventions onusiennes et les recommandations adoptées et ratifiées lors des divers Sommets et Congrès tenus depuis Stockholm 72 jusqu’à Rio+20 notamment en ce qui concerne le droit à l’éducation et au développement durable pour tous ;
·         Mettre en place un fond mondial pour l’appui à la mise en œuvre d’actions et de projets d’EEDD, afin pour accroître l’expansion des activités d’EEDD et leur implantation dans les plans en développement post 2015 ;
·         Mettre en place une structure permanente multidisciplinaire au sein des Nations-Unies ayant pour mission la promotion, le suivi, et l’appui à la mise en œuvre d’une stratégie internationale EEDD et des programmes transversaux à l’échelle du globe comme à échelle locale ;
·         Encourager les pays à développer et à intégrer l’EEDD dans tous les sujets pertinents de leurs systèmes éducatifs formels, non formels et informels, ainsi que dans les médias ;
·         Reconnaitre et soutenir les acteurs de la société civile ayant pour axes d’intervention la thématique EEDD ;
·         Encourager la recherche et ouvrir des filières universitaires en matière d’EEDD (masters, doctorats etc.) ;
·         Reconnaitre, financer et encourager la mise en place de centres de certification de nouveaux métiers en rapport avec l’EEDD (animateurs EEDD, métiers verts, etc.).

Nous sommes convaincus qu’en adhérant à cette déclaration nous serions assurés de vivre dans un monde plus solidaire, respectueux de l’environnement, plus juste et plus durable, et que les futures générations seront fiers de leurs aïeuls.
Fait à Marrakech, le 9 juin 2013

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *