Projet STRIPE : première formation régionale sur le droit d’accès à l’information environnementale

L’AESVT Maroc a initié au mois d’octobre, en collaboration avec ses partenaires, la première formation régionale sur le droit d’accès à l’information environnementale (DAIE). Destinée à des cadres associatifs actifs au niveau de Rabat-Salé-Kenitra, cette session pilote sera dupliquée dans trois autres régions du Maroc à l’horizon 2020.

Une vingtaine d’acteurs associatifs, triés sur le volet, ont bénéficié récemment d’une formation sur le droit d’accès à l’information environnementale (DAIE). Celle-ci s’est déroulée à Mohammedia du 25 au 27 octobre. Elle entrait dans la cadre de STRIPE, un projet mis en œuvre par l’AESVT Maroc avec l’appui de la Fondation Heinrich Böll et la coopération du WorId Resources Institute, l’AMCDD, l’OPEMHT, The Access initiative et Article 19. Son but : renforcer le droit d’accès à l’information relative à l’environnement au Maroc.

Souvent ignoré ou peu exploité, ce principe juridique représente pourtant un pilier essentiel du développement durable. Pourquoi ? Car il implique la participation effective des citoyens. En s’appuyant sur des données concrètes, ces derniers ont en effet la capacité d’évaluer précisément l’impact de telle ou telle dégradation environnementale, de proposer des solutions et d’influencer par la suite les décisions politiques. Là, réside l’intérêt de la communication et de la diffusion de renseignements détenus par les autorités publiques. Ainsi, il peut s’agir de l’origine de la pollution de l’air, du nombre de puits creusés sur le territoire ou encore du devenir des déchets.  Au-delà de ces simples exemples, l’information environnementale couvre un éventail assez large de sujets. Encore faut-il le savoir et maîtriser la réglementation en vigueur concernant sa diffusion.

La gouvernance environnementale au cœur du projet STRIPE

C’est tout l’enjeu du projet STRIPE : développer les compétences dans ce domaine de membres de la société civile, en tant qu’acteurs du développement durable. Lancé en 2018, le projet s’est d’abord concrétisé par la réalisation d’une étude et l’organisation de plusieurs activités (tables rondes, formations, visites de terrain, campagnes de sensibilisation…).

A partir de 2019, une série d’actions complémentaires est planifiée. En avril, un atelier de formation sur le DAIE est organisé à Mohammedia. Une dizaine d’experts internationaux y participent et 18 Marocains, au total, sont formés, essentiellement des cadres associatifs, des universitaires et des journalistes. L’objectif est qu’ils deviennent à leur tour des formateurs. Il s’agit de rendre ainsi effective la loi n° 31-13 relative au droit d’accès à l’information, entrée en application au mois de mars.

Les coordinateurs du projet décident ensuite de programmer des sessions similaires qui s’adressent plus spécifiquement à un public associatif, et ce dans différentes régions du Maroc. Les modules d’enseignement sont préparés les 21 et 22 septembre, au cours d’un atelier de travail, auquel prennent part neuf bénéficiaires de la session d’avril. L’idée est d’élaborer un contenu théorique simplifié afin de laisser plus de place à la pratique et à l’interactivité.

 

Première formation régionale

La première formation régionale sur le DAIE a finalement lieu, du 25 au 27 octobre à Mohammedia. Elle est donc dispensée à une vingtaine de représentants d’associations environnementales basées dans la région de Rabat-Salé-Kenitra. Cinq formateurs se relaient pour en assurer l’animation : Ahmed Hamid, Dalal Mansouri, Azeddine Tika, Abdelouahed El Ghazi et Samir Abderrafi.

Après une rapide introduction menée notamment par Boujemaa Belhand, président délégué de l’AESVT Maroc, qui a présenté les objectifs et perspectives du projet, la première journée de session a débuté par une discussion entre les participants sur les principaux défis environnementaux que connaît leur région. Et très vite, ils en ont identifié trois : la gestion des déchets dans le contexte de l’urbanisation et de la réduction des espaces verts ; l’eau et la désertification et enfin la pollution de l’air. L’échange leur a permis de comprendre l’importance de disposer de toutes les informations nécessaires pour analyser les causes d’un problème. Et c’est ce vers quoi, les formateurs voulaient les amener. Ils ont donc abordé durant les deux jours suivants, de façon détaillée, les mécanismes juridiques et institutionnels auxquels il est possible de recourir pour accéder aux informations. La dernière partie de la formation a été consacrée au processus de plaidoyer, qui doit faire suite au travail de collecte de données liées à la qualité de l’environnement. L’accent a été mis sur les techniques de communication permettant de défendre de manière efficace une cause auprès des acteurs institutionnels.

La session s’est achevée par la remise des attestations de formation aux participants. Forte de son succès, elle devrait être déclinée dans plusieurs autres régions à l’horizon 2020 : Béni Mellal-Khénifra, Casablanca-Settat et Tanger-Tétouan-Al Hoceima.